Communiqués de presse

Message du Secrétaire Général du GNRC sur l’Enrayement de l'Exploitation Sexuelle des Enfants sur Internet

19 novembre 2019

Université de Nairobi, Kenya

En novembre 1989, la Convention relative aux droits de l'enfant été adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies. Ensuite, de nombreux enfants ne survivent pas au-delà de leur 5e anniversaire.

Nous célébrons maintenant les 30 ans de la CNUDE, le traité sur les droits de l'homme le plus ratifié de l'histoire de l'humanité.

Arigatou International, l'Université de Nairobi et l'Interfaith Alliance for Safer Communities, ainsi que ses partenaires, célèbrent cette journée en organisant une exposition pour mettre en lumière l'un des crimes les plus effroyables, mais qui restent cachés — l'exploitation sexuelle des enfants sur internet.

Grâce à la CDE et aux efforts des gouvernements, des organisations non gouvernementales, des communautés confessionnelles, des chercheurs, des jeunes et des enfants eux-mêmes, la qualité de vie de millions d'enfants a aujourd'hui été améliorée. De plus en plus d'enfants ont accès à une santé, une éducation et une nutrition meilleures et améliorées. Beaucoup d'enfants survivent et prospèrent.

L’année même de l’adoption de la CNUDE, en 1989, quelque chose qui a changé notre vie, notre façon de communiquer et de faire les choses, a vu le jour — INTERNET.

Les technologies qui alimentent Internet ont amélioré nos vies de nombreuses façons utiles et inimaginables.

Une nouvelle super autoroute que nous appelons super autoroute de l'information — la super autoroute virtuelle, est venue s’ajouter aux super autoroutes physiques des réseaux et systèmes routiers et ferroviaires que nous utilisons partout dans le monde.

Les super autoroutes physiques ont été construites comme un bien public, elles sont réglementées, contrôlées et surveillées ; mais la super autoroute virtuelle, elle a été privatisée, non réglementée, non contrôlée et non surveillée. Et elles restent ainsi jusqu’à aujourd'hui.

Comme résultat, des millions de criminels rôdent à chaque instant sur la super autoroute virtuelle. Le FBI estime qu'il y a 780 000 prédateurs exploiteurs d’enfant, pédophiles et psychopathes prêts à bondir sur les enfants à tout moment où ils se connectent.

La majorité des 780 000 prédateurs et psychopathes sont en réseau, commandant des photos en temps réel d'enfants souillés et abusés sexuellement, payés à partir de Berlin, Londres, Paris, Washington DC, et avec la marchandise — malheureusement l'enfant — abusée à Malindi, Manille ; à Zanzibar, en Nouvelle-Zélande, en Thaïlande, aux Philippines, en Inde, en Tanzanie ou dans nos foyers.

Cette entreprise criminelle transnationale génère aujourd'hui 150 milliards USD chaque année. Le tout dans la super autoroute virtuelle, virtuellement, non réglementée et non surveillée.

La semaine dernière, par le biais de l'Alliance interconfessionnelle pour des communautés plus sûres, nous avons eu une audience avec le pape François, avec des entreprises technologiques, notamment Google, Facebook, YouTube, l'industrie cinématographique et d'autres, pour discuter de ce défi et mettre en place des mécanismes pour y faire face.

Je dois dire que j'ai été déçu de la façon dont les entreprises technologiques ont réagi. Ils peuvent faire mieux et bien plus encore.

Alors que les entreprises technologiques font des milliards de bénéfices et qu'elles reconnaissent pleinement la douleur que les enfants subissent dans la super autoroute virtuelle, elles semblent manquer d’intérêt et de volonté pour endiguer ces crimes épouvantables et effroyables.

De nombreux actes criminels et douloureux à l’encontre des enfants sont toujours « expliqués » par les lois sur la vie privée et les libertés d’accès à l’information.

Eh bien, si quelqu'un accoste, maltraite et viole des enfants sur une autoroute physique ou dans les rues physiques ; cette personne est arrêtée. Pourquoi n’est-il pas le cas dans les autoroutes et les rues virtuelles ?

NOUS devons faire plus afin de protéger nos enfants. Voici quelques mesures immédiates que nous pourrions prendre pour protéger les enfants dans les autoroutes et les rues virtuelles.

  1. Une législation ou une convention internationale qui révise ou élargit l'interprétation contemporaine ou la couverture des lois et traités en vigueur
  2. Comme la CNUDE n’a pas prévu pas ce type de crimes contre les enfants en ligne avec la convention de 1989, elle devrait maintenant adopter d'urgence un autre protocole pour faire face à ces nouveaux crimes contre les enfants.
  3. Au niveau national, il devrait y avoir des législations, élaborées avec la participation des sociétés Tech, qui garantiront que TOUTES les formes de violence et de maltraitance contre les enfants sur internet seront signalées et que les photos et vidéos sur les enfants soient retirées dans les secondes qui suivent le téléchargement.
  4. Sensibilisation accrue et formation spécialisée des forces de l'ordre partout dans le monde
  5. Les chefs religieux et les communautés devraient s'intéresser davantage à aider les enfants en ligne et se recentrer sur la boussole morale.

Pour conclure, Arigatou International et l'UNICEF viennent de terminer une étude intitulée « Foi et droits des enfants : une étude multireligieuse sur la Convention relative aux droits de l'enfant ». J'invite tous à lire cette étude avec un vif intérêt.

En particulier, j'exhorte les universités et la communauté de la recherche à approfondir ce problème et à faire la lumière sur cette violence cachée, la plus extrême et la plus épouvantable contre nos enfants, de manière plus systématique. Nous avons besoin de plus d’études scientifiques pour exposer l’ampleur de ce problème pour que les décideurs politiques agissent en conséquence.

À nos enfants réunis ici aujourd'hui, nous ne vous oublierons jamais. Nous travaillerons pour vous et avec vous pour faire de ce monde un meilleur endroit pour vous.

 

Dr. Mustafa Y. Ali,
Directeur, Arigatou International Nairobi,
Secrétaire général, Réseau mondial des religions pour les enfants (GNRC)